Plus on parle de langues, plus c’est facile d’en apprendre !

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Photo: jczart

Tenir une conversation dans une langue étrangère pour la première fois est une sensation extraordinaire. C’est à ce moment-là qu’on se rend compte que des mots que l’on vient tout juste d’apprendre nous sortent de la bouche tout naturellement dans une grammaire que l’on ne pensait pas connaître. On met son cerveau au défi et il le relève sans problème.

La peur de parler dans une langue étrangère disparaît rapidement. Certes, au départ, vous aurez plus de mal à vous exprimer dans votre deuxième langue étrangère que dans la première, et les progrès se font par paliers, mais au fil du temps, les conversations seront plus fluides et les mots vous viendront plus naturellement.

Si vous décidez d’apprendre une troisième langue, vous commencerez à parler encore plus tôt. Vous n’aurez plus aucune raison d’avoir peur, puisque vous aurez déjà l’habitude de parler d’autres langues étrangères. Vous saurez que vous pouvez le refaire.

Mais la confiance acquise au fil du temps n’est pas le seul facteur qui rend l’apprentissage des langues plus facile. Lorsqu’on apprend une première langue étrangère, on acquiert des compétences, des connaissances, des techniques et des capacités cognitives nouvelles que l’on va pouvoir appliquer à n’importe quelle autre langue étrangère, voire à d’autres domaines de la vie.

Vocabulaire et grammaire

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La plupart des langues européennes ont un grand nombre de mots de vocabulaire en commun. Les soldats romains ont exporté à travers l’Europe le latin populaire, à partir duquel de nombreuses langues, utilisées par les marchands, se sont formées. Si vous parlez une langue romane (les principales étant le français, l’espagnol, l’italien et le portugais), vous constaterez que les autres langues romanes utilisent un grand nombre de mots similaires, voire identiques. De la même façon, les langues germaniques partagent de nombreux mots et structures. La logique des langues est transférable.

L’anglais est une langue germanique qui possède, en outre, un grand nombre de mots issus des langues romanes. La langue anglaise fait donc le pont entre langues romanes et langues germaniques.

Deana Kodele, responsable régionale pour ESL en Slovénie, parle environ sept langues (« si l’on prend comme critère de connaissance d’une langue le fait de pouvoir faire des blagues dans cette langue, j’en parle neuf, si l’on prend comme critère les certificats de langues officiels reconnus à l’international, j’en parle cinq). Selon elle, « ça aide beaucoup de parler une langue de la même famille linguistique [car] la grammaire est en général similaire. Ca vous donne un élément de comparaison, ce qui aide à mémoriser les structures grammaticales. »

« Apprendre de nouvelles langues étrangères sert toujours, explique Deana. En plus découvrir une nouvelle langue, on apprend aussi beaucoup sur sa propre langue… Une fois que vous la connaîtrez bien, vous pourrez facilement faire des comparaisons avec d’autres langues, ce qui simplifie le processus d’apprentissage.

Même si vous apprenez une langue qui n’a pas une proche parenté avec celles que vous parlez déjà, vous aurez tout de même des facilités. Le fait d’avoir confiance en soi et de pouvoir tenir une conversation en langue étrangère est déterminant pour pouvoir mettre en pratique les langues que vous étudiez. Comprendre la grammaire est aussi très important pour la fluidité de l’expression. Et plus vous parlerez de langues, mieux vous comprendrez la grammaire.

Chaque langue a ses propres règles de grammaire, mais lorsque vous aurez compris la fonction de chaque élément dans la phrase et intégré le fait que ces éléments ne sont pas toujours dans le même ordre selon les langues, vous aurez un avantage certain pour apprendre de nouvelles langues.

Une fois que vous aurez l’habitude de jongler entre les langues, de penser en dehors des cadres imposés par votre première langue étrangère, vous aurez plus de facilité à assimiler d’autres langues. Il faut concevoir la grammaire comme un porte-manteau sur lequel on accroche le sens de la langue.

Compétences transférables

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Image: Double–M

Un apport qui est sans doute tout aussi important que la grammaire et le vocabulaire : lorsqu’on apprend une langue, on apprend comment apprendre. Chacun a sa méthode et il faut trouver celle qui fonctionne pour vous. « Le fait d’apprendre une langue… est toujours utile, dans une perspective plus large, explique Deana. On développe sa propre technique d’apprentissage : on se rend compte de ce qui marche le mieux pour soi, l’apprentissage par l’écoute, l’observation [ou] l’interaction. »

Deana recommande de combiner enseignement académique, études individuelles et immersion linguistique, mais « il est très important d’avoir une base solide de la langue car les erreurs que l’on fait au début tendent à devenir une habitude… Je fais confiance aux professeurs de langues pour former cette base. » S’il est possible d’apprendre une langue seul, sans connaissances préliminaires, les conseils d’un professeur, au début du processus, vous permettent de vous assurer que vous allez dans la bonne direction. Vous apprendrez à reconnaître les différentes étapes de l’apprentissage d’une langue et à les gérer.

Par exemple, l’une des choses les plus déconcertantes lorsqu’on apprend une langue, c’est le moment où l’on stagne. Après avoir fait beaucoup de progrès, soudain, les mots ne nous viennent plus et on a l’impression de trébucher sur ses propres pensées. Tout le monde passe par là.

Lorsque vous en aurez déjà fait l’expérience une fois, vous saurez reconnaître ce « plateau » et saurez comment y parer. Le conseil de Deana (qu’ESL vous invite vivement à suivre) est de faire un séjour en immersion linguistique. En vous immergeant dans la langue que vous apprenez, vous forcerez votre cerveau à travailler plus dur et vous serez plus souvent stimulé dans votre apprentissage.

Si vous n’avez pas la possibilité de partir à l’étranger, il y a d’autres façons de gérer ces moments de stagnation. Avec l’expérience, vous trouverez celle qui fonctionne pour vous.

Plus de bénéfices qu’on ne le pense

Lorsqu’on est capable de raisonner dans une grammaire qui n’est pas celle de notre langue maternelle, notre cerveau est déjà plus développé que celui des monolingues. Les recherches sur le bilinguisme chez l’enfant ont montré que les personnes bilingues appréhendent différemment les questions de raisonnement logique. Cet article décrit plus en détails les avantages cognitifs dont disposent les personnes bilingues, notamment de meilleures facultés de raisonnement et une plus grande résistance à la maladie d’Alzheimer.

Les bénéfices du multilinguisme à long terme (notamment de meilleures perspectives d’emploi) sont prouvés par de nombreuses études, mais pour ceux qui sont vraiment motivés, apprendre une première langue étrangère n’est que le début d’un long voyage.

Lorsqu’on parle plus d’une langue étrangère, il aura plus de facilité à en apprendre une autre. Puis une autre. Puis encore une autre…

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